Miss Hall tome 1

Butin Japan Expo 2016

Par Giulia Adragna
Pas de date de publication, mais acquis en Juin 2016
12 €
Pour  en savoir plus sur ce fanzine : http://www.misshall.net/

Comme souvent, le fanzine ne semble pas révéler grand chose des intentions de l’auteur : quelques mentions de propriété intellectuelle, des sites internet… puis l’oeuvre (en l’occurence, ici c’est une BD) et enfin, des remerciements aux lecteurs et à nouveaux des adresses internet. Pas d’édito, de préface ou autre texte qui permettraient de connaître le projet de l’auteur ou le contexte de réalisation. La forme est classique : couverture brillante, tout est en couleur, le format est celui des imprimeurs en ligne… Le fanzine cherche à paraître respectable et se plie donc à ce qui se fait dans ce réseau.

Regardons donc le contenu : L’histoire se situe dans le village de Kentmere (Angleterre) en mars 1809 et suit la famille Hall et plus particulièrement Emily, la fille rebelle. Le départ de son frère pour la guerre va lui permettre de se rapprocher du mystérieux capitaine Knight. Beaucoup de personnages secondaires peuplent cet univers : James le fils du charpentier, sa soeur malade (tout deux sont des amis d’Emily), Louise la soeur ultra coquette… Ces deux chapitres se terminent par des notes sur les éléments historiques pour faciliter la compréhension. Le dessin fait penser aux dessins animés de Disney (notamment la Belle et la Bête). On sent également le goût pour les romans anglais du 19e siècle, des frous-frous, de la galanterie mais aussi de la nature… L’auteur semble avoir créer cet univers pour pouvoir l’explorer à sa guise et en faire un cocon rassurant. En effet, pas de méchants, pas de grandes crises, seulement une vie simple et des rapports humains parfois difficiles.

Le bonus contenant des illustrations et des croquis met en évidence le coté multilingue de l’œuvre : l’auteur a un nom italien, l’intrigue se déroule en Angleterre, l’anglais et l’italien sont utilisés dans certains dessins… Se pourrait-il que Miss Hall soit un fanzine traduit en français ? Eh bien oui. C’est à l’origine un webcomic (comme souvent désormais) dont l’auteur est italienne mais utilise l’anglais pour avoir un public plus large sur internet. Sa BD est disponible en cinq langues : anglais, italien, français, mais aussi espagnol et allemand.

Pour conclure ce décorticage de fanzine, je voulais aussi citer ce paragraphe qui est au tout début du zine :
« Il est strictement interdit, sauf accord préalable écrit des titulaires du copyright, de reproduire (notamment par photocopie ou numérisation) partiellement ou totalement le présent ouvrage, de le stocker dans une banque de donnée ou de le communiquer au public, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit ».
La propriété intellectuelle est un élément clivant dans le fanzinat : pour certains, il ne doit pas exister car les fans ont le droit de se réapproprier et d’utiliser les œuvres des autres (cela fait vivre la culture). Pour d’autres, le « vol » de leur travail est une violente agression. Il m’est arrivée de voir des fanzineux empêcher qu’on prenne des photos de leur stand car ils craignaient la contrefaçon. Les utilisations frauduleuses existent, j’en convient, mais elles sont marginales. En autorisant la copie des œuvres (notamment par le biais des licences libres comme la Creative Commons), les fanzineux ont tout à gagner. Malgré mes convictions, je n’irai pas à l’encontre de la volonté de l’auteur (quoique le fait d’évoquer l’existence de son fanzine semble presque interdit par ce malheureux paragraphe) : je n’emmènerai JAMAIS ce fanzine sur un espace de lecture.