À propos du fanzinat

Définition

Publication qui permet à des non-professionnels de présenter leurs productions (BD, textes, dessins, photos…) ou de partager activement leur passion commune (cinéma, BD, musique, littérature, TV…). Le fanzine n’a pas de définition légale, c’est une pratique de loisir (même si cela permet à certain de se professionnaliser). Son mode de diffusion est donc alternatif (vous ne trouverez pas de fanzine au supermarché). C’est à la fois sa force et sa faiblesse, puisque ce circuit de distribution « sous le manteau » ne lui permet pas de toucher un large public, mais autorise à traiter des sujets qui sont négligés par les mass média.

Voici quelques phrases pistes lâchées lors du débat sur le fanzine à la bibliothèque Libertaire La Rue le 8 juin 2013 :

  •  de toute façon, je crois que l’idée première est de se passer d’intermédiaire.
  •  d’être en contact avec le public
  • Oui. De maîtriser l’ensemble d’une chaîne et pas de te faire happer par un système.
  • je dirais que les fanzines c’est un peu les radios pirates de la presse.
  • Même le gars qui fait du fanzine Buck Rogers, il est dans une prise de pouvoir, dans une démarche de se publier. C’est à dire de « rendre public ». Il prend un putain de risque puisqu’il se dévoile devant des gens qu’il ne connaît pas. C’est intime quand même. Ça reste un acte fort de publier et c’est prendre une place qu’on ne nous donne pas
  •  Au CNL, ils donnent de l’argent à certains fanzines. C’est une aide qui s’appelle « l’aide à la création à une revue indépendante ». Moi je le demande, mais cette année je ne l’ai pas eu parce qu’il faut vendre 250 exemplaires pour prétendre à cette aide. Mais à partir du moment où on est dans cette démarche, on n’est plus exactement dans le fanzine. Le fanzine c’est être complètement indépendant de tout système.
  •  A partir du moment où tu vas demander la validation de ton projet par des commissions d’attributions de subventions, etc. Tu es sorti de la logique DIY.
  •  Je suis d’accord. La prochaine étape ça serait la régie publicitaire !
  •  Là où je vous suis pas du tout, c’est que le contenu ne change pas du tout.
  •  ce n’est pas le problème, non plus.
  •  Bien sûr que si ! A partir du moment où tu as un nombre d’exemplaires à vendre, tu commences à être dans la démarche de faire un truc pour le vendre et donc tu ne fais plus la même chose.
  •  C’est plutôt la validation qui me dérange, moi.
  • Il faut quand même chercher des lecteurs. Après tout faire un fanzine sans s’occuper des lecteurs… Tu ne peux pas non plus ! Ou alors tu joues l’élitisme.
  •  moi je pense qu’on fait les gens pour qu’elles soient lus.
  •  Oui, mais par qui ?
  •  C’est pas pour se faire compromettre ou se faire enculer. Faut quand même s’exprimer et s’exprimer c’est aussi se faire entendre.
  •  Être lu d’accord mais à partir du moment où on commence à poser des chiffres, on n’est plus du tout dans la même démarche.
  •  En même temps quand tu édites, la question du chiffre elle est importante. C’est une question que tu te poses pour savoir à combien tu tires.
  •  Oui mais pas des quotas comme le 250 exemplaires pour une subvention.
  •  C’est bien, on a l’information officielle pour le ministère, un fanzine c’est à 250.
  •  Est-ce que le fanzine existe pour la BNF et si oui qu’est-ce que c’est ?
  •  Bah oui. Sinon je ne serais pas là. Il y a quelques personnes qui me connaissent depuis de nombreuses années, ici. Nous, on a une collection de fanzines, c’est-à-dire, de choses qui échappent au réseau officiel. Ce sont des publications pour nous qui n’ont pas d’ISBN, qui n’ont pas d’ISSN, qui échappent au dépôt légal. Je sollicite les auteurs, créateurs, artistes, tout ce que vous voulez comme appellation derrière. Je vais vers eux et je les sensibilise au fait que c’est dommage que dans une collection patrimoniale en France, il n’y ait pas une représentativité de ce genre de création. J’ai essentiellement des graphzines. Ils ont des issn et sont au dépôt légale, ils m’arrivent quand même et ce sont vraiment des zines. Il y a aussi une mouvance comme ça et qui est défendable aussi. Ces créateurs là ont aussi leur place dans votre milieu à mon avis.
  •  Pour moi la limite ce serait d’avoir un numéro d’ISBN. Là je dirais que je ne fais plus un fanzine.
  • :C’est pour la diffusion, pour que les libraires l’acceptent.
  •  Justement ! Ce n’est pas mon mode de diffusion. J’ai pas envie de faire ça.
  •  Et la fanzinothèque c’est quoi ? C’est un dépôt légal aussi ?
  •  Un dépôt légal parallèle ! Les gens qu’on imaginait qu’il fasse du fanzinat qui est quelque chose d’éphémère ont été interpellés par cette conservation. Se dire que ça va rester quelque part. Tout le monde a bien marché dans cette idée. Il se trouve que le bouche à oreille ça a bien marché. On n’a pas tous les fanzines, loin de là, mais on en a suffisamment pour être représentatif. On existe depuis 23 ans, un truc comme ça.