Dans la presse : Geek, le mag nous parle de fandom

Dans mes errances sur la toile, je tombe sur une pub pour le magazine Geek dont j’ai déjà entendu parler. Ils/Elles ont l’air en difficulté car il s’agit d’une campagne pour avoir de nouveaux abonné-e-s. J’ai plutôt un a priori positif sur cette revue. Je vais sur le site pour voir ce qu’ils/elles font et si cela justifie une dépense de cœur ou de soutien. Ce sera une dépense de cœur car je constate que leur dernier numéro (n°20 d’Octobre-Novembre 2017) consacre un dossier à la question du fandom ! Sujet qui, comme vous le savez certainement, est intimement lié aux fanzines. Le fait que le sujet ne soit pas explicitement le fanzine m’inquiétait un peu : Allaient-ils/elles complètement zapper ce sujet ou juste l’évoquer en deux mots ? Était-il possible d’espérer voir un article entier consacré à l’objet de ma passion ?

Fandom ?

Le mot n’est jamais clairement défini dans le magazine. Bon en même temps la revue s’appelle « Geek », alors « Fandom », les lectrices-eurs savent forcément de quoi il s’agit ! Vraiment ? Moi je n’en suis pas si sûre… J’ai découvert ce mot sur le tard et tous les réseaux de fans n’utilisent pas ce terme (les fans de musique par exemple). J’ai même longtemps cru qu’il était lié uniquement à la SF !

J’imagine qu’au moment où vous lisez ces lignes, vous avez déjà fait la recherche de définition sur le net… Mais au cas où : Fandom est la contraction des mots anglais « fanatics » et « kingdom ». Étymologiquement, c’est donc le royaume des fans. Dans les faits, on utilise ce terme pour parler d’un ensemble d’admiratrices-eurs d’une même œuvre ou univers (par exemple : Harry Potter). Cela dit, on peut aussi désigner l’œuvre ou l’univers qui génère des fans comme étant un fandom. Fandom désigne donc la communauté active formée autour d’un objet culturel admiré.

La place des fanzines dans ce dossier

J’avoue ne pas avoir poussé le vice jusqu’à compter les occurrences du mot « fanzine » dans le dossier… Cela aurait été stupide (mais cela me ressemble bien pourtant). On peut dire sans hésiter que cela reste assez ponctuel. Le fanzinat n’est pas plus évoqué que d’autres activités de fans (comme le cosplay). Pire que cela : il est principalement évoqué au passé. Les articles se concentrent principalement sur l’impact du développement d’internet sur les activités et l’influence des communautés de fans. Ok, j’avoue : ce n’est pas étonnant ou scandaleux. Mais cela ne me caresse pas dans le sens du poil. Là où je ronronne, c’est quand je vois que certains citations sont extraites de fanzines. Celui-ci est comme pris comme source documentaire ! Elles-ils ont tout compris !

Je continue ma lecture de la revue durant mon trajet en métro et une exclamation m’échappe : loin de se contenter de constater, les articles vont analyser le phénomène en s’appuyant sur des travaux d’universitaires.

L’énergie créatrice du fan analysée

Les communautés de fans sont antérieures aux fanzines. C’est donc avec intérêt que j’ai lu l’article l’origine de ce phénomène. Conan Doyle, Star Trek sont deux piliers qui occupent une place de choix dans le dossier. Les actions de ces fandoms précurseurs sont révélatrices de cette énergie créatrice qui agitent les fans et les poussent à agir sur le monde. La constitution de communauté autour d’une œuvre canonique a une dimension sociale, voire contestataire et ne peut se résumer aux caricatures régulièrement présentées dans les médias (le gros, le boutonneux, l’asocial, le stalker, la fille hystérique…). Finalement ce qui est en jeux dans ce débat, cela va être l’appropriation (voire la propriété) de l’œuvre originale par une culture populaire qui s’est redéfinie depuis la révolution industrielle, mais qui reste toujours en opposition avec la culture de l’élite.

Le développement du financement participatif et les bras de fer entre les fandoms (qui deviennent des groupes de pression) et les créatrices-eurs de divertissement audiovisuel montrent que loin d’être un sujet anecdotiques, le magazine Geek a mis le doigt sur un sujet révélateur des changements de notre époque.

Pour finir, je ne résiste pas à l’envie de reprendre une de leur citation de John Fiske (chercheur américain, spécialiste de la question) : « la culture populaire est faite par le peuple, non pas produite par les industries culturelles, tout ce que l’industrie peut faire est produire un répertoire de textes ou de ressources culturelles. »

 

J’espère en tout ne pas vous en avoir trop dit pour vous gâcher votre plaisir de lecture.

 

Geek, le mag n°20 – Bimestriel Octobre-Novembre 2017 – 6,5€
Chez votre marchand de journaux du 14/09/2017 au 13/11/2017 – Pour le trouver en kiosque
http://www.geeklemag.com

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